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SCAPULAIRE.COM - LES GIRONDINS À LA UNE
EN ÉTAT DE SACRE

Après une nouvelle démonstration de leur supériorité, onctuée par un but de Fargeon, les Girondins récupèrent le titre qu'ils avaient abandonné l'an dernier.

BORDEAUX. - En l'emportant hier soir 1-0, après avoir copieusement dominé leur rival stéphanois et effectué en particulier une fin de match étonnante, les Girondins de Bordeaux ont conquis leur troisième titre de champion de France en quatre ans, et ce, avant même leur dernier déplacement de vendredi prochain à Metz.

Déjà demi-finalistes de la Coupe des coupes et de la Coupe de France en attendant mieux, ils ont ainsi réalisé leur parcours le plus complet de ces dernières années et récolté là les fruits du remarquable travail qu'ils ont accompli tout au long de 1986-87.

Il leur reste désormais à prouver mardi et sans doute le 10 juin au Parc, qu'ils sont bien la meilleure équipe française du moment, car la plus solide, la plus régulière et la plus habile à négocier tous les pièges du calendrier et tous les cas de figures. Vu la manière dont leur potentiel physique a été entamé ces dernières semaines et encore tout récemment mardi à Alès, les Bordelais avaient en gros deux façons de s'y prendre pour mener à bien leur ultime rencontre de Championnat de la saison à la maison.

Soit forcer leur destin d'entrée et se reposer ensuite sur leur solidité défensive; soit au contraire livrer un match d'attente intelligent et s'en remettre ainsi à un procédé qui a donné beaucoup de satisfactions jusqu'ici.

Lorsque, dès la sixième minute, Ferreri éleva le rythme de la partie et offrit une remarquable ouverture à destination de Zl. Vujovic, sur l'aile gauche, on crut bien que les Girondins opteraient pour la formule numéro un.
Mais, pour n'avoir pas pris sa chance aussitôt, l'attaquant yougoslave obligea ses partenaires à se replier sur la solution numéro deux, et ce d'autant plus qu'il y avait ça et là quelques petites imprécisions et parfois aussi une trop grande précipitation dans le jeu girondin.

Bordeaux s'installa donc dans le camp stéphanois et entreprit plus calmement d'en faire le siège. Cela passait par une maitrise totale de la situation au milieu, et par beaucoup de changements de rythme. Ce dont Girard et Tigana d'un côté, Ferreri et Touré, de l'autre, se chargèrent.

Et cela faillit bien porter ses fruits, si, après que Tigana eut récupéré un ballon à trente mètres, relayé ensuite par Ferreri, Fargeon n'avait pas été signalé hors jeu in extremis (18').
Saint-Etienne éprouvait pas mal de difficultés à se dégager d'une pareille emprise mais, lorsqu'il y parvenait malgré tout, ses tentatives n'étaient pas maladroites.

Exemple ?
Ce contre amorcé sur la droite par Krimau, suivi d'un centre que Jacques, au second poteau, ne réussit pas à redresser et que Dropsy détourna en corner (18'). II en aurait fallu toutefois un peu plus pour ébranler les certitudes bordelaises même si, au bout d'une demi-heure, on n'avait pas avancé d'un pas et si le leader du Championnat commençait à se faire de plus en plus chahuter et rudoyer par les défenseurs stéphanois.

Touré avait beau montrer ce qu'il sait faire sur coup de pied arrêté, Castaneda ne voulait rien savoir. Ferreri et Zl. Vujovic avaient beau semer le désordre sur les deux ailes, Saint-Etienne s'en sortait toujours par des moyens plus ou moins licites.
Mais l'organisation des Verts n'allait pas résister éternellement à un pareil déferlement, signe que la patience de Bordeaux devait bien être récompensée à un moment ou à un autre.
Tout se déclencha grâce à un coup franc tiré de la gauche à l'entrée de la surface par Tigana.
La balle arriva ensuite jusqu'à la tête de Fargeon après qu'elle ait été, semble-t-il, touchée au passage par Ferreri et Touré, et Castaneda ne put ne saisir de ce ballon que derrière sa ligne (35').
Avec ce but et le résultat que Marseille était en train d'obtenir dans le même temps au Parc des Princes, c'était aussi le titre qui se rapprochait un peu plus de la Gironde.

Gérer le capital
Bordeaux ayant en poche ce qu'il désirait, il ne lui restait plus qu'à gérer avec toute son habileté et son expérience une situation qu'il connait bien, sans se créer des tonnes d'occasions, mais sens non plus que son organisation soit prise en défaut, ni sans surtout relâcher sa pression dans toutes les zones du terrain. il continua ainsi à dominer son adversaire et à le pousser de plus en plus fréquemment à la faute, ce qui ne saurait excuser certains excès comme ce tacle trop appuyé de Dimitrov sur Zl. Vujovic (54'), qui ne fut sanctionné que par un avertissement.
Il est vrai qu'il y a longtemps que M. Swirog et ses juges de touche manquaient de jugeote dans leurs appréciations et leurs décisions.

Un deuxième but aurait bien entendu calmé les choses et levé le dernier doute qui subsistait encore quant à l'issue de cette rencontre, mais les accélérations de Touré, les centres travaillés de Zo. Vujovic, l'énergie déployée par Fargeon à la pointe du combat ou encore ce terrible tir de Girard (85') ne trouvaient pas pour l'instant d'autres prolongements favorables.

Durant les vingt dernières minutes, les Bordelais ne baissèrent jamais les bras et ne donnèrent pas le sentiment de vouloir se contenter de cette avance datant de la fin de la première mi-temps. Témoin cette fantastique action de jeu au cours de laquelle Zlatko Vujovic vit son premier tir dévié par Castaneda, son second repoussé par le poteau, et enfin une tête de Fargeon à nouveau détournée par Castaneda en cor ner (77'). Ou ces deux essais de Girard (85') et Zoran Vujovic (89') tous deux repoussés également par le poteau.
Tout cela n'était au fond pas bien grave: Bordeaux avait accompli tout au long de la soirée suffisamment de prouesses pour mériter sa victoire et son nouveau titre de champion de France.

FARGEON LE COMBATTANT
BORDEAUX. - Les Girondins de Bordeaux, malgré une certaine lassitude physique que l'enjeu de la rencontre d'hier soir aura presque entièrement gommée, ont dominé continuellement leur sujet et leur adversaire grâce à une grande solidité défensive d'abord, mais surtout grâce à une plus grande grande capacité d'accélération et de changement de rythme et à une présence constante sur tous les points chauds du terrain.
Dans le contexte d'un match assez heurté mais très bien maîtrisé, on vous l'a dit par ailleurs, on ressortira en premier lieu chez les Girondins le remarquable combat que Philippe FARGEON mena sur tous les fronts de l'attaque et qui lui valut de marquer son quinzième but en Championnat de la saison. Juste derrière, on citera le travail énorme et précis que GIRARD accomplit sur le côté gauche, tant sur le plan défensif qu'offensif, la vitesse de course de FERRERI, la maîtrise de THOUVENEL et de Zoran V UJOVIC et enfin l'abnégation de TIGANA et la robustesse de ROCHE au poste de libero.
Chez les Stéphanois, qui auront opposé une résistance farouche, mais qui auront eu sans doute le tort de jouer parfois durement, on mentionnera tout de même CASTANEDA, auteur de plusieurs arrêts décisifs, FRANÇOISE, qui travaille beaucoup dans l'entrejeu, et KRIMAU. qui fut à l'origine des quelques contres dangereux de son équipe. - P.U.